Depuis mon dernier message de mercredi, le temps a passé assez vite : beaucoup de monde qui passe à la maison, du courrier, des lettres de condoléances d'amis de mes parents et la famille qui arrive peu à peu.
Une de mes tantes paternelles ne voulait pas l'annoncer àà ma grand mère qui va fêter ses 91 ans le 11 novembre...
La cérémonie à l'église est prévue à 16h, vers 14h je vais avec l'un de mes cousins chercher ses frères au train... Au retour j'ai un peu mal au coeur, des voitures tout autour de la maison dans la rue, le jardin et la maison plein de monde venus voir ma mère avant la mise en bière.
La cérémonie est très belle, on arrive à faire passer une certaine espérance en montrant que la mort n'est qu'un passage, que ce n'est pas la fin de tout. C'est vraiment rassurant d'ailleurs car certains comme mon oncle, complétement athée est vraiment choqué. Depuis deux jours il est à la maison avec ma tante et ma cousine mais a un teint cadavérique, recroquevillé dans un fauteil.
L'église est pleine, beaucoup de monde est en larme ou me fait un signe de main, je baisse la tête... ne pas craquer... A la fin mon père a préparé un texte à partir de la dissertation sur la mort que j'ai retrouvé la veille et que ma mère avait écrite lors de ses études théologiques il y a six ans. On lit aussi un texte très beau de Mère Térésa "La Vie"... .
Au cimetière on lit un autre texte, de Zendel, très beau aussi, on jette des roses sur le cerceuil après l'avoir béni, la encore beaucoup d'émotions...
Après la cérémonie retour à la maison, et la commence la fameuse hypocrisie qu'on retrouve dans des moments comme ceux la... Deux de mes cousins découvrent que j'habite comme eux Paris et depuis un an (alors que toute la famille est au courant), ma tante de Melun aussi alors qu'on ne la voyait qu'une fois tous les ans ou deux ans... Par contre mon oncle et cousin de Lyon m'invitent à passer quelques jours, pareil pour ma cousine à Montpellier ou encore ma tante et des amies de ma mère dans le Sud qui ont peur qu'on ne les voit plus maintenant que ma mère n'est plus la...
Les gens qui ne sont que des amis de mes parents semblent alors plus fidèles et sincères que certains de mes cousins ou certains frères et soeurs de mon père...
Puis après que tout le monde ait bien mangé, comme une nuée de corbeaux, tout le monde s'en va en quelques minutes... ne restent que certains amis de mes parents et les membres de la famille que j'apprécie beaucoup...
Je suis assez songeur en me couchant jeudi soir. La tristesse est partie, je sais que ma mère est toujours 'présente dans l'absence' comme le rapellait la lettre de saint jean qu'elle avait choisie;
Vendredi, journée assez calme, des amis éloignés repassent nous saluer avant de reprendre la route, je commence à m'occuper des formalités administratives pour mon père et on va rendre les derniers dossiers médicaux que l'on a trouvé dans le bureau de ma mère pour les ramener à sa secretaire et son infirmière.
Cathy, la secretaire qui travaillait avec ma mère depuis 17 ans est effondrée. C'était son anniversaire ce vendredi et elle avait prévu de déjeuner avec ma mère et une assistante sociale d'un collège. On lui donne alors le paquet cadeau qu'on a trouvé le matin, nouveau moment d'émotion très forte. Pareil lorsqu'il faut ramener certains livres ou objets de ma mère... Mon père dit alors que ce sont les petits détails de la vie qui lui feront le plus sentir son départ.
Hier soir, une de mes cousines de Corse qui est de passage dans la région car elle transporte un groupe de touristes américains, vient passer la soirée puis reste finalement pour la nuit...
Je recois encore un message de Laurent, qui est chez son copain pour le week end. Je m'en veux vraiment de ne pas avoir pu diner avec lui dimanche dernier. Il est vraiment gentil de prendre des nouvelles comme ca, moi je m'en veux toujours pour le rendez vous raté et je culpabilise encore...
Ce matin j'arrive à me connecter un peu au net.
J'ai un mail de Greg, assez touchant. Greg est vraiment très gentil. Il faut que je le voie lui et son copain, en rentrant sur Paris...
Puis sur msn je vois Le... connecté. Avec lui, je ne sais pas si je peux dire que c'est mon petit frère ou bien si ca aurait pu être une belle histoire que j'ai gaché. On se connait depuis deux ans et demi. Le 14 juillet on s'est revu, quasiment un an après notre derniere entrevue. Un moment très fort, c'était pourtant une simple après midi dans la salle d'un café parisien... mais que de chemin parcouru depuis un an.
On s'était connu à une époque où on se découvrait un peu tous les deux et au fil du temps on a pas mal discuté, on a eu nos premieres grande histoire d'amour presqu'au même moment... Et cet aprés midi avait été l'occasion de faire encore le point sur nos vies...
Retour de flashback, je le vois donc connecté en même temps et lui demande des nouvelles, je ne veux pas lui parler du décès de ma mère. Il sait très bien les difficultés que j'ai eu avec elle et à une époque a vécu les mêmes, cependant de son coté ses parents sont beaucoup plus ouverts et indulgents.
Je lui demande donc des nouvelles et il me dit que depuis trois semaines il a un nouvau copain et que tout se passe bien.
A ce moment la ma soeur crit car elle a besoin du téléphone, je dois couper mais j'envoie un lien vers mon blog à L. avant de couper en lui disant que j'aimerais le revoir bientot.
Cet après midi nous sommes allé prendre un thé avec ma cousine et ma soeur chez une ancienne collègue de ma mère, désormais en libéral tout comme son mari. Superbe maison, j'aime beaucoup car il y a beaucoup d'espaces ouverts : une mezzanine et beaucoup de couleurs assez gaies... Enfin je ne suis pas un pro de l'aménagement intérieur, pour ne pas dire que je n'y connais rien, mais j'aime beaucoup... on parle beaucoup et on se change les idées...
Ce soir, des amis de ma soeur sont passés et elle est sortie.
Mon téléphone vibre, j'ai recu un mail... c'est un message très touchant d'Antoine, un ami de Greg que j'ai vu plusieurs fois au ciné ou au resto et qui est adorable. Il faut que je lui réponde la prochaine fois que je peux me connecter. C'est en parcourant son site il y a quelques mois que j'avais eu l'idée de répondre moi aussi aux interviews d'Ardisson mais à l'intégrale, projet non achevé à ce jour, l'url des dites réponses étant passwordée et surprotégée dans un répertoire perdu de mon site... (ne cherchez pas ce n'est pas sur ce nom de domaine non plus).
Je me remet au blog avant de me coucher et j'écris ces quelques lignes.
La encore, je ne sais pas quand je vais pouvoir les mettre à jour, cela dépendra de la connexion internet.
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